Ce que le Parlement européen a voté
Le 7 juillet à Strasbourg, les eurodéputés ont adopté par 511 voix pour, 87 contre et 61 abstentions la révision du règlement européen de coordination de la sécurité sociale. Le principe change de camp : les allocations de chômage d’un frontalier seront versées par l’État de son dernier emploi, et non plus par son État de résidence.
Aujourd’hui, un frontalier qui réside en France et perd son poste à Genève est indemnisé par France Travail, aux conditions françaises, sur la base de son salaire suisse. Dans le système voté, ce serait la caisse du pays de l’emploi, donc la Suisse, qui prendrait le relais avec ses propres règles.
La Suisse comptait 413 320 frontaliers au 1er trimestre 2026 selon l’Office fédéral de la statistique. C’est le pays d’Europe le plus exposé à la bascule.
Qui paie quoi aujourd’hui
Le système actuel repose sur une compensation entre États. La Suisse encaisse les cotisations chômage des frontaliers qui travaillent chez elle, environ 600 millions de francs par an, et rembourse aux pays de résidence une partie des indemnités qu’ils versent : 283,3 millions de francs en 2025, répartis entre la France, l’Allemagne, l’Autriche et l’Italie.
L’écart, environ 300 millions de francs d’excédent annuel pour l’assurance chômage suisse, est précisément ce que la réforme inverserait. Le Secrétariat d’État à l’économie estime le surcoût potentiel entre 600 et 900 millions de francs par an. Côté français, Paris affirme de son côté perdre environ 860 millions d’euros par an dans le système actuel, la France indemnisant à elle seule la majorité des frontaliers au chômage.