Une prime par personne, quel que soit votre revenu
La LAMal frontalier applique au frontalier la logique suisse de l’assurance maladie : chaque personne assurée paie sa propre prime, fixée par l’assureur qu’elle a choisi. Cette prime ne dépend ni du revenu, ni de la fortune, ni de l’état de santé. Deux collègues aux salaires très différents paient la même prime chez le même assureur, pour la même franchise.
Deux garanties accompagnent ce principe. D’abord, l’obligation d’admission : pour l’assurance de base, un assureur ne peut refuser personne, sans questionnaire médical ni réserve. Ensuite, la transparence : les assureurs publient des primes spécifiques pour les frontaliers résidant en France, et le comparateur officiel de la Confédération, priminfo.admin.ch, les recense toutes.
Ce mode de financement est l’une des deux branches du droit d’option décrit dans le guide du frontalier : d’un côté une prime par tête, de l’autre une cotisation assise sur les revenus. Cet article détaille la première ; le fonctionnement de la couverture maladie française des frontaliers fait l’objet de son propre article.
Se faire soigner en France, en Suisse, ou des deux côtés
C’est la particularité de la LAMal version frontalier : la couverture organise, en règle générale, l’accès aux soins des deux côtés de la frontière. L’assuré est inscrit auprès de l’assurance maladie de son lieu de résidence en France, ce qui ouvre la prise en charge des soins reçus en France selon les règles françaises. Les soins reçus en Suisse, eux, suivent les règles suisses.
Les formes de couverture proposées aux frontaliers ne se valent pas toutes sur ce point : selon celle que vous retenez, les soins courants se prennent en France, en Suisse, ou au choix dans les deux pays. Ce paramètre se vérifie avant la signature, car il conditionne des choses très concrètes : le médecin que vous consultez au quotidien, l’hôpital où vous seriez soigné, la manière dont chaque facture est remboursée.
La famille : une affiliation par personne, pas une couverture automatique
En LAMal, il n’existe pas d’ayant droit au sens du régime français : chaque membre du foyer qui relève de cette assurance est assuré individuellement, avec sa propre prime, enfants compris. La facture familiale est donc une addition de primes, les primes des enfants étant plus basses que celles des adultes.
Encore faut-il savoir qui, dans le foyer, relève effectivement de la LAMal. Un conjoint qui travaille en France reste en règle générale couvert par le régime français au titre de sa propre activité. Un conjoint sans activité professionnelle et les enfants suivent en principe le régime du frontalier. Les règles de coordination entre les deux pays tranchent les situations mixtes, notamment lorsque chaque parent travaille d’un côté de la frontière : le rattachement des enfants dépend alors de la situation exacte du foyer, et le point mérite d’être posé avec un conseiller plutôt que déduit d’un forum.
Une prime fixe a une vertu : elle se budgète. Elle n’augmente pas avec votre salaire ni avec une rentrée exceptionnelle, ce qui compte au moment de construire un plan de financement. Si un projet d’achat se dessine, estimer votre capacité d’achat en quelques questions donne le cadre dans lequel cette charge d’assurance s’inscrit.
Franchise et quote-part en Suisse, remboursements côté France
Pour les soins reçus en Suisse, la LAMal fait participer l’assuré aux coûts, en plus de la prime. Les montants sont fixés par la Confédération ; voici ceux que publie l’Office fédéral de la santé publique, en vigueur en 2026 :
| Participation |
Adultes |
Enfants |
| Franchise ordinaire |
300 francs par année civile |
Pas de franchise |
| Franchises à option |
500 à 2 500 francs |
100 à 600 francs |
| Quote-part |
10 % des coûts au-delà de la franchise, plafonnée à 700 francs par an |
10 %, plafonnée à 350 francs par an |
| Séjour hospitalier |
15 francs par jour |
Pas de contribution jusqu’à 18 ans |
Choisir une franchise plus élevée abaisse la prime, en contrepartie d’un reste à charge plus grand les années où les soins s’accumulent. L’arbitrage se fait par personne, puisque chaque assuré du foyer a sa propre franchise.
Pour les soins reçus en France, la logique change : la prise en charge suit les bases et les règles de remboursement françaises, comme pour un assuré du régime général. Une part des frais peut rester à votre charge selon les actes ; elle peut être couverte par une assurance complémentaire, exactement comme pour un assuré résidant en France.
Le choix face à la CMU se joue ailleurs
Cet article décrit une mécanique : prime par personne, soins des deux côtés, participation aux coûts en Suisse, remboursements français en France. Il ne dit pas si cette mécanique est la bonne pour vous. La réponse dépend du salaire du foyer, du nombre de personnes à assurer et de la géographie de vos soins ; la comparaison entre LAMal et CMU frontalier pose ces critères un par un. Le calendrier, lui, ne laisse pas traîner : le droit d’option se referme vite après la prise d’emploi, et le choix engage. Les situations serrées se chiffrent avec un conseiller, avec vos montants réels plutôt que des moyennes.