Ce que l’employeur suisse retient sur votre brut
Le salaire net d’un frontalier se calcule en retirant du brut quatre retenues sociales : AVS/AI/APG, assurance chômage, prévoyance professionnelle LPP et assurance accidents non professionnels. À Genève s’ajoute ensuite, en règle générale, l’impôt à la source prélevé par l’employeur ; dans les cantons de l’accord de 1983, le net tombe avant tout impôt.
Sur le plan social, le titulaire d’un permis G est traité comme un salarié résident : mêmes cotisations, mêmes taux, mêmes plafonds. Un poste manque en revanche à la fiche de paie : l’assurance maladie. Que vous ayez opté pour la LAMal frontalier ou pour la CMU, la prime ou la cotisation se paie séparément, elle ne transite pas par l’employeur.
Ces retenues ne sont qu’un des postes du statut : le guide du frontalier en Suisse replace le salaire à côté de l’impôt, du droit d’option et de la retraite.
AVS, AI, APG et chômage : les retenues à taux fixe
Selon le mémento 2.01 du Centre d’information AVS/AI, état au 1er janvier 2026, les cotisations AVS (8,7 %), AI (1,4 %) et APG (0,5 %) totalisent 10,6 % du salaire, partagés à parts égales : l’employeur retient 5,3 % sur votre brut et verse la même part de son côté. L’assurance chômage suit la même logique paritaire : d’après le mémento 2.08 (état au 1er janvier 2025), la cotisation AC est de 2,2 % du salaire, soit 1,1 % à votre charge, jusqu’à un salaire annuel de 148 200 francs ; au-delà, plus aucune cotisation AC n’est prélevée.
| Poste | Part salariale | Assiette |
|---|---|---|
| AVS / AI / APG | 5,3 % | Tout le salaire déterminant |
| Assurance chômage (AC) | 1,1 % | Jusqu’à 148 200 francs par an |
| LPP (2e pilier) | Variable selon l’âge et le règlement | Salaire coordonné |
| LAA non professionnelle | Selon le contrat de l’entreprise | Salaire, dans les limites de la loi |
La LPP, la retenue qui dépend de votre âge
La prévoyance professionnelle ne se prélève pas sur tout le brut mais sur le salaire coordonné : en 2026, la part du salaire annuel qui dépasse la déduction de coordination de 26 460 francs, dès que le salaire atteint le seuil d’entrée de 22 680 francs. Sur cette assiette, la loi fixe des bonifications de vieillesse qui montent par paliers avec l’âge : 7 % de 25 à 34 ans, 10 % de 35 à 44 ans, 15 % de 45 à 54 ans, 18 % de 55 à 65 ans.
L’employeur finance au moins la moitié de ces bonifications ; la part exactement retenue sur votre salaire dépend du règlement de la caisse de pension, qui peut prévoir mieux que le minimum légal. Conséquence directe : à salaire égal, un collègue de 28 ans et un collègue de 52 ans n’ont pas le même net, et un changement de tranche d’âge se voit sur la fiche de paie.