Ce que mesure le sondage
L’institut gfs.bern a publié le 23 octobre, sur mandat de la SSR, la première de ses enquêtes sur les quatre objets soumis au peuple le 29 novembre 2026. Les personnes interrogées l’ont été du 5 au 18 octobre, et les résultats décrivent l’état de l’opinion au 11 octobre.
L’échantillon compte 14 874 personnes disposant du droit de vote, dans toute la Suisse. La marge d’erreur est de plus ou moins 2,8 points. L’institut rappelle que ces chiffres sont un instantané pris sept semaines avant le scrutin, pas une prévision du résultat.
La participation prévue atteint 52 %, au-dessus de la moyenne à long terme de 47,3 % calculée par l’OFS de février 2011 à septembre 2026.
Couples mariés : une avance encore fragile
L’initiative « Oui à des impôts fédéraux équitables pour les couples mariés », lancée par le Centre, recueille 55 % de oui contre 34 % de non. 11 % des sondés restent indécis.
Selon gfs.bern, le soutien est particulièrement élevé chez les personnes mariées et dans les milieux bourgeois. Les arguments en faveur de l’égalité de traitement fiscal convainquent davantage que ne le laissent penser les intentions de vote. L’institut juge toutefois cette avance « encore peu consolidée » : seuls 54 à 55 % des votants ont une intention ferme sur cet objet.
Le texte demande que les revenus d’un couple marié restent additionnés pour l’impôt fédéral direct, sans que le couple paie plus que deux contribuables non mariés. Il entre en concurrence avec l’imposition individuelle acceptée par le peuple le 8 mars 2026, qui doit s’appliquer dès 2032. Le Conseil fédéral et le Parlement recommandent le non. Ils estiment que la pénalisation du mariage est déjà supprimée par l’imposition individuelle et que l’initiative peut aboutir à des systèmes contradictoires entre Confédération et cantons.
C’est précisément le point que gfs.bern voit monter pendant la campagne : la compatibilité du texte avec l’imposition individuelle et avec les régimes fiscaux cantonaux.